Togo : L’engagement de TCHOWOURE et A2FHV‑S pour la santé reproductive dans la région des Savanes

Dans la région des Savanes au Togo, l’association TCHOWOURE , basée à Dapaong, agit pour défendre l’autonomie corporelle et les droits fondamentaux des femmes et des filles. En partenariat avec l’Association des femmes et filles handicapées vaillantes de la région des Savanes (A2FHV‑S) , elle met en œuvre le projet « Mon corps, mes droits », soutenu par le projet Féministes en Action, afin que les adolescentes scolarisées et les femmes déplacées et en situation de handicap prennent conscience et revendiquent leur autonomie sur leur corps dans un contexte d’urgence.

Une action féministe ancrée dans la communauté

La région des Savanes connaît une instabilité sécuritaire, et les femmes et les filles, en particulier celles en situation de handicap, voient leurs droits sexuels et reproductifs menacés. Les normes socioculturelles, les tabous autour de la sexualité et l’insuffisance des services disponibles aggravent les inégalités, d’autant plus dans un pays où 50 % des femmes de 15 à 49 ans déclarent un besoin non satisfait en contraception. Cette réalité s’accompagne d’un déficit massif d’information : selon une enquête menée par le Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA) 82 % des élèves interrogées ignoraient qu’une grossesse est possible dès le premier rapport sexuel.


Forte de son expérience en santé reproductive, l’association TCHOWOURE a mené, lors de la première phase de Féministes en Action, le « Projet SSR‑VBG région Savane », qui a mis en place un cadre d’écoute pour les survivantes de violences basées sur le genre, ainsi qu’un dispositif d’assistance psychologique et juridique.


Ces espaces sûrs constituent souvent le premier lieu où les survivantes peuvent être écoutées, orientées et accompagnées, dans un environnement où les violences restent généralement tues. En brisant l’isolement des victimes, ils permettent de combattre leur sentiment de honte et de renforcer la conscience de leurs droits.

« Mon corps, mes droits » : faire évoluer les normes sociales

L’association s’engage également à mener des évènements de sensibilisation pour lutter contre les tabous socioculturels et transformer les normes sociales discriminatoires.


Parmi ces initiatives, le Festival du Consentement, organisé à Dapaong les 29 et 30 novembre 2025 par TCHOWOURE, dans le cadre de la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, occupe une place centrale.


L’édition 2026 du festival, financée par Féministes en Action dans le cadre du projet « Mon corps, mes droits », combinera des performances artistiques, expositions, ateliers et espaces d’échanges qui visent à permettre aux participantes et participants du festival de parler librement de la puberté, du corps et des relations intimes.
Le festival vise également à renforcer l’autonomie corporelle des jeunes femmes (principalement âgées de 15 à 24 ans), en améliorant leurs connaissances et leur capacité d’agir en matière de consentement et d’hygiène menstruelle, tout en mettant l’accent sur la promotion d’une masculinité positive.


Ces espaces de rencontre et d’échange permettent de déconstruire la normalisation des violences basées sur le genre et les tabous autour de la sexualité, en mobilisant la jeunesse comme force de transformation sociale.

Une approche intersectionnelle et inclusive

L’Association des femmes et filles handicapées vaillantes de la région des savanes (A2FHV-S), également basée à Dapaong, a été associé au projet mené par TCHOWOURE, soutenu dans le cadre de la seconde phase de Féministes en Action. Le partenariat mis en place entre les deux organisations entend faire en sorte que les femmes et les filles en situation de handicap – souvent exclues des dispositifs classiques de sensibilisation – soient pleinement intégrées au projet.


La collaboration entre les deux associations se traduit notamment par la distribution de kits menstruels inclusifs et réutilisables, adaptés aux besoins des personnes handicapées, ainsi que par la mise en place de sessions interactives sur la santé sexuelle et reproductive, le consentement, l’autonomie corporelle, et la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) et des grossesses précoces. Ces activités, qui consistent en jeux de rôle, théâtre-forum et discussions en petits groupes, sont déployées dans les écoles et auprès des relais communautaires, afin de toucher à la fois les adolescentes, les femmes déplacées et handicapées, et les communautés de la région.

La nouvelle phase du projet mené par TCHOWOURE marque un changement d’échelle, en passant d’un projet porté par une seule organisation à une démarche en consortium avec A2FHV‑S. Ensemble, les deux associations ont mis en place un collectif engagé pour que, dans la région des Savanes, aucune femme et aucune fille – et notamment celles en situation de handicap – ne soit laissée pour compte dans la lutte pour la reconnaissance du droit à l’autonomie corporelle et des droits sexuels et reproductifs.

À propos de TCHOWOURE : Fondée en 2018 à Dapaong, au Togo, TCHOWOURE est une association féministe, constituée de 127 membres dont 98 femmes. L’association lutte contre les violences basées sur le genre et œuvre au changement de mentalités dans la société togolaise. Elle s’implique notamment dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles togolaises.

À propos de A2FHV-S : L’Association des femmes et filles handicapées vaillantes de la région des savanes (A2FHV-S) est une organisation basée à Dapaong et fondée en 2021. Elle œuvre pour une société inclusive, équitable et juste en soutenant les femmes et les filles en situation de handicap