Madrid 2026 : la diplomatie féministe à l’épreuve du backlash et de l’austérité

Sept mois après Paris, la 5ᵉ Conférence ministérielle sur les diplomaties féministes s’est tenue à Madrid les 2 et 3 juin 2026 autour d’une thématique significative : « Paix et Démocratie ». Une nouvelle déclaration politique a été signée par une trentaine d’États dans un contexte où l’offensive anti-droits et les coupes budgétaires rendent leurs discours de plus en plus difficiles à tenir.

De Paris à Madrid : le témoin passé, le contexte aggravé

La Ministre a porté l’un des messages les plus structurants lors de l’ouverture de la Conférence : lorsque la démocratie est attaquée, les droits des femmes sont les premiers visés, et la réponse doit être collective face à des mouvements anti-droits très bien financés à l’échelle mondiale.

Sur le fond, la continuité revendiquée entre les deux éditions cache une aggravation du diagnostic. Selon les organisations présentes au nom du Women7, Paris avait posé un diagnostic lucide sur un ralentissement des progrès. À Madrid, la directrice des Affaires globales du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, Salina Grenet-Catalano, a constaté que le contexte avait changé de nature : il ne s’agit plus d’un ralentissement mais d’une offensive massive et structurée contre l’égalité, déployée dans l’espace numérique, les enceintes multilatérales et les dispositifs de financement, avec une mention explicite au global gag rule américain.

La déclaration de Madrid : que contient-elle de plus que celle de Paris ?

Le paradoxe français : diplomatie féministe, budget en chute libre

Et maintenant ?

Deux échéances profilent : le suivi de l’effectivité des engagements financiers, via le FFP Accountability Project, et la 6ᵉ édition de la Conférence, qui sera accueillie par le Maroc. Il s’agit d’une première pour un État africain dans ce cycle, porteuse d’attentes fortes mais aussi de questions légitimes pour les mouvements féministes du Sud.

Comme l’a résumé à Madrid Geetanjali Misra (organisation CREA), au nom de la société civile : les mouvements féministes ne sont pas là parce qu’ils seraient optimistes, mais parce qu’ils restent déterminés. Nous gardons notre objectif en vue : continuer à interpeller les États sur l’écart entre les mots de la diplomatie féministe et la réalité de leurs budgets.